Logement pour Lyon et le 3e : Construire et rénover

Logement-1Dans notre opposition au projet de Gérard Collomb (qu’il n’est, hélas, pas le seul à défendre…), visant à faire de Lyon une ville rutilante, parée d’hôtels de luxe, de centres commerciaux et de quartiers écolo-bobo, il y a un point essentiel : cette ville sera pensée et aménagée pour les plus aisés. Les ménages modestes et les plus pauvres souffriront d’autant plus qu’ils se trouveront alors dans une ville misant sur l’apparence et la séduction. Ils seront, à l’usure, repoussés vers les banlieues.

La question du logement doit être revue car sous ses airs « j’aime la mixité sociale », l’hypocrisie la plus totale règne à la mairie de Lyon.

Notre action doit s’organiser sur plusieurs flancs.

Tout d’abord le locatif

Les organismes fonctionnant en partenariat avec la ville et le Grand Lyon doivent offrir des logements à loyers modérés dans une part beaucoup plus importante, et ce en complément des 25 % de logements sociaux que nous devons absolument atteindre sur la ville.

Dans ce domaine, rappelons-nous les déboires de la Société anonyme de construction de la ville de Lyon (SACVL) et ses emprunts toxiques qui l’ont poussée à augmenter de 40 à 50 % (et parfois plus) les loyers de son parc locatif.

Malheureusement, cette société n’est pas la seule à s’être embourbée dans l’emprunt « toxique », mais nous ne devons pas laisser les citoyens les plus modestes payer la facture et la ville être la proie de financiers et de spéculateurs sans merci.

Comme le sollicitait l’actuel directeur de la SACVL, les pouvoirs publics doivent soutenir financièrement la priorité du « logement digne pour tous » afin que les intervenants (type SACVL, Grand Lyon Habitat, OPAC et autres…) puissent mener à bien leur mission d’intérêt général. Dans le cadre d’une vraie loi de séparation bancaire au niveau national, les banques de dépôt et de crédit, séparées des banques d’affaires spéculatives, pourront assurer les moyens de cette politique en s’appuyant sur les orientations d’un crédit national.

La priorité « logement et lieux de vie pour tous » doit être décrétée au plus vite à la mairie centrale.

La construction de ces habitations ne doit pas se faire « à la va vite ».

Accueillir de nouveaux habitants nécessite d’organiser des lieux de vie avec commerces et infrastructures publiques suffisantes. Déjà, en de trop nombreux arrondissements, comme dans notre 3e, les infrastructures de petite enfance, par exemple, font cruellement défaut. En densifiant l’habitat, les problèmes s’accroissent.

En ce qui concerne l’aménagement de lieux de vie, prenons l’exemple désastreux de Confluence. Un quartier sans vie et sans âme, bâti autour d’un centre commercial où les 25 % de logements sociaux (les plus pauvres) en côtoient 75 % d’autres bien plus cossus, dans un environnement aseptisé où chacun vit en parallèle. Les promoteurs et les acteurs publics ont cédé à la facilité du terrain libre — « hop je construis » — mais sans créer de commerces de proximité, ni lieux de vie et de rencontre à taille humaine.

Le paradoxe du logement social aujourd’hui

Logement-2Le logement social est en partie réalisé par un accord avec les constructeurs qui, en contrepartie d’un certain nombre de logements sociaux, peuvent s’octroyer une marge plus importante sur les autres logements de la réalisation. Ainsi le logement social engendre l’augmentation des prix et accroît les difficultés des ménages des classes moyennes (ceux qui sont juste au-dessus de la catégorie « sociale ») à accéder à un logement à Lyon.

Ce genre de « bidouillage », prétendant soigner une pandémie en proposant un remède qui renforce la maladie, doit cesser. Nous devrons offrir un soutien accru aux partenaires à vocation sociale dont nous avons parlé plus haut, leur permettant ainsi d’être beaucoup plus présents sur le marché immobilier de notre commune.

Inciter les propriétaires à louer en dessous du prix du marché

Nous devons utiliser l’outil fiscal afin d’offrir aux propriétaires des avantages s’ils acceptent de louer leur bien à des tarifs plus accessibles aux ménages à faibles ressources.

A l’opposé, nous devrons prendre des mesures afin de pénaliser les propriétaires qui préféreraient garder un logement vacant.

La loi Duflot, qui prévoit la garantie universelle des loyers, doit être modulée en faveur des « petits » loyers, avec une garantie de durée supérieure à 18 mois, compensée par une réduction pour les plus élevés.

Une aide à l’entretien des immeubles de niveau modeste sera également prévue pour compenser les effets de l’encadrement et du gel des loyers.

Densifier et rénover

Nous sommes pour stopper l’expansion de la zone urbaine du Grand Lyon.

Notre vision de l’économie de demain pour Lyon ville pionnière nous conduit vers la relocalisation d’activités économiques productives sur les villes de taille moyenne qui nous entourent. Nous pourrons ainsi y relocaliser de l’habitat avec une qualité de vie meilleure : proximité du lieu de travail, de l’école, des lieux sportifs et culturels, moins de stress, de temps perdu dans les transports et plus de temps pour la vie de famille et les activités.

Nous défendons néanmoins une densification intelligente de la ville et surtout la rénovation parfois importante de quartiers comme celui de la Guillotière.

Densification intelligente veut dire pouvoir créer du nouvel habitat, mais en prévoyant de l’intégrer dans l’esprit et l’architecture qui l’environne. Trop souvent, proposant des prix attractifs, nous voyons pousser comme des champignons des bâtiments (logements ou équipements) qui jurent avec leur environnement. Une concertation locale avec la mairie d’arrondissement et les associations de quartier devrait précéder toute réalisation, afin de choisir le projet architectural le plus adapté. Ainsi nous aurions pu éviter le nouveau centre Triolet de Montchat blanc et blockaus, qui, en plus de ne pas être du tout intégré, ne donne pas particulièrement envie d’y entrer : un comble pour un centre de vie culturelle.

La construction de logements neufs peut et doit être rendue abordable pour les ménages modestes si les organismes cités plus haut (type SACVL, Grand Lyon Habitat…) étaient dotés de plus de moyens publics.

Une rénovation importante

Logement-3Avec la priorité de développer une ville accessible à tous via la question du logement, les moyens financiers doivent aller de pair.

Ainsi un quartier comme la Guillotière doit pouvoir bénéficier d’une rénovation importante sans pour autant devoir pousser hors de Lyon les ménages modestes qui y vivent aujourd’hui

Un habitat digne n’est pas un luxe

Nous prévoyons d’engager d’importants travaux afin de rendre salubres de nombreux bâtiments existants, créer un lieu de vie mélangeant du logement social, de nombreux habitats à loyer modérés et favoriser au maximum les possibilités d’achat pour des familles sans gros moyens. Le quartier possède déjà de nombreux commerces de proximité et bénéficie de la place Bahadourian, récemment rénovée et très agréable.

Suite à ces transformations des conditions d’habitation, nous améliorerons considérablement les conditions de sécurité des biens et des personnes dans cette zone. Ce projet devrait être réalisé en sollicitant la participation des commerçants et habitants du quartier.

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