Une politique cohérente de transports pour l’essor de toute la région

Grands projets par-ci, grands projets par là ! Les uns sont plutôt berges de Saône, parcs et places publiques, les autres méga-centres de services à la Part Dieu, transports, tunnels, cité de la gastronomie ou stade de foot. On pourrait dire chacun sa tendance… en réalité, tous partagent une vision close et réduite du développement de notre ville.

Lyon au cœur d’une révolution du crédit

Soyons clairs. Aucune grande réalisation ambitieuse transformant le territoire et au service de la population ne peut être entreprise selon les critères financiers actuels1. Il suffit de tendre l’oreille, il n’y a plus de sous ! L’État racle les fonds de tiroirs pour continuer à soutenir nos grosses banques. Résultats : plus de crédit pour le canal Seine-nord, ni pour le Lyon-Turin, ni pour les collectivités territoriales, ni… pour les citoyens.

Dans cette situation, Lyon doit se rendre audacieusement maître de son avenir. Non pas pour être plus grosse que les grosses comme certains le souhaitent aujourd’hui avec le projet de métropole, mais en opérant une rupture avec l’économie financière prédatrice. Avec un nouveau système de crédit, ce n’est pas seulement d’argent dont nous allons disposer, mais d’un outil au service du public.

Notre ville présente de nombreux avantages

La Saône et le Rhône la traversent, irriguent les territoires, produisent de l’énergie et sont navigables. Lyon est située sur cet énorme axe de la vallée du Rhône ; cela la rend centrale pour les échanges Nord-Sud et Est-Ouest. Nous sommes un carrefour international avec la Suisse et l’Italie sans être trop éloignés de l’Espagne. Nous avons une forte population composée de tous les corps de métiers ainsi que le plus gros port intérieur de France.

A l’heure actuelle, cette situation pose de nombreux problèmes, notamment des problèmes de circulation. Des flux importants transitent par la ville, tout y est concentré, elle est saturée et les lyonnais sont trop souvent asphyxiés.

Les bouchons lyonnais

Comme les gens bien informés le savent, il y a de bons bouchons à Lyon. Il y a ceux des heures de pointe, un peu partout, matin et soir ; ceux de l’autoroute des vacances passant par le centre-ville et sous Fourvière ; ceux des camions et ceux des trains (le fameux bouchon ferroviaire lyonnais !)

Eh oui, être un centre de vie, d’échanges et de connexions de différents moyens de transports, cause quelques soucis. S’ajoute à cela la crise économique qui pousse de plus en plus de gens à venir en région lyonnaise pour trouver un emploi. La ville ne cesse de s’étendre. Les gens vivent de plus en plus loin (les loyers du centre étant inaccessibles) et passent de plus en plus de temps dans les transports et les bouchons.

Avec une nouvelle révolution dans l’aménagement de notre territoire, nous pourrons faire des difficultés d’aujourd’hui, le moteur de notre essor de demain pour nous et pour nos voisins.

Comment ? En exploitant nos atouts !

La Saône – le Rhône

Tout d’abord, prenons une carte du réseau de transport fluvial de France et d’Europe. Le canal Rhin-Rhône n’ayant jamais été réalisé, Lyon est un cul-de-sac pour remonter vers le nord et l’est (voir article). Si nous réalisons cette connexion et sa soeur jumelle le canal Seine-Nord, nous pouvons orienter une part importante du trafic routier existant vers le transport fluvial. Nous y gagnerons économiquement et écologiquement. De plus, nous ouvrirons un nouveau potentiel de développement qui accroîtra considérablement l’utilisation de ce moyen de transport. Il encouragera l’installation de nouvelles unités de production ayant besoin d’une main d’œuvre qualifiée ainsi que d’importants approvisionnements en matières premières. Il permettra, en outre, la distribution efficace des biens produits dans toute l’Europe.

barge-trainCe type de transport est lent et donc naturellement orienté pour desservir l’activité industrielle locale, nationale et internationale.

Le canal Rhin-Rhône, ainsi que le Seine-Nord, sont des projets composant la perspective à long terme du développement du territoire national que la commission mobilité 21 a « gelé » dernièrement faute de budget. Mais d’autres réalisations complémentaires sont également écartées : la ligne à grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône, plus rapide et plus adaptée pour le transport de voyageurs ; le doublement de la liaison Paris-Lyon en créant le Paris-Orléans-Clermont-Lyon (LGV), outil de désenclavement du Centre et de l’Auvergne qui permettrait aussi d’avancer la connexion Bordeaux-Lyon.

N’oublions pas notre situation ouverte sur l’Europe

Lyon assure la connexion entre le tracé du Lisbonne-Kiev et la section Lyon-Londres partant vers le nord. Ces projets nés dans les années 90 avaient pour objectif de construire une belle Europe de paix par des infrastructures ferroviaires communes. Le Lyon-Turin n’est qu’une infime portion de ces projets et est indispensable à la réalisation de cette nouvelle route vers nos voisins les plus proches et ceux qui déjà aperçoivent les horizons eurasiatiques.

carteeuropefluviale-train

En nous battant pour stopper l’économie actuelle de pillage financier, nous ouvrons la porte à cette nouvelle Europe des patries et des projets qui rendra possible la solidarité et la coopération entre les peuples.

Bien évidemment, ouvrir et développer de nouveaux horizons vont accroître le bouchon ferroviaire déjà existant. Nous devons donc réaménager les dessertes de Lyon et créer les infrastructures permettant de détourner les flux qui ne font que transiter par notre agglomération sans y être destinés.

La question du contournement ferroviaire est donc au cœur de cette problématique et se couple de celui des transports routiers-autoroutiers. Deux projets relevant de la compétence nationale d’aménagement du territoire de la commission 21 sont à réaliser au plus vite dans l’intérêt des lyonnais et du futur développement de la région. Il s’agit du Contournement Ferroviaire de l’Agglomération Lyonnaise (CFAL), et du Contournement Ouest Lyonnais autoroutier (COL).

La réalisation du CFAL, passant par l’est de la ville, concernera tous les flux de marchandises et de voyageurs de la ligne Grenoble – Lyon, de celle de la Bresse (direction Ambérieu en Bugey) et de celles de la vallée du Rhône. Ce trafic ne transitera donc plus par la gare Part-Dieu dont la capacité d’accueil est grandement dépassée mais permettra d’utiliser la gare Saint-Exupéry comme nouvelle plate-forme multimodale d’échanges.

Le COL concerne, quant à lui, le trafic autoroutier national et international empruntant actuellement l’A6/A7 qui traverse le centre ville de Lyon. Ce contournement permettrait à la ville d’éviter de subir les désagréments causés par une circulation massive de poids lourds et de voitures qui n’ont pas l’intention d’y faire escale.

Ce projet est la condition sine qua non à la réalisation du périphérique ouest lyonnais et au reclassement de l’A6/A7 en boulevard urbain, sur lesquels nous reviendrons ci-dessous.

Résoudre les problèmes de saturation existants est une étape nécessaire, mais nous devons aussi aborder la dynamique des flux de population qu’engendre notre grosse agglomération.

Lyon absorbe la substance de la région, elle grossit et les villes moyennes qui l’entourent se vident de leurs habitants et meurent.

Par une intervention d’envergure, nous devons permettre une circulation rapide et efficace avec et entre ces villes moyennes qui nous entourent. Ainsi, nous créerons les conditions d’une relocalisation d’une partie de l’activité économique et donc de l’habitat de la population y travaillant. Nous devons effectuer ce rééquilibrage qui permettra d’offrir à de nouveaux concitoyens une qualité de vie plus appréciable, et une vie de famille plus sereine en vivant plus proche de leur lieu de travail.

C’est pourquoi nous sommes favorables à une liaison rapide utilisant une technologie innovante type aérotrain ou train à lévitation magnétique afin de réaliser les connexions inter-ville en région Rhône-Alpes étendue (Lyon, Saint-Étienne, Roanne, Mâcon, Bourg-en-Bresse, Oyonnax, Genève, Annecy, Chambéry, Grenoble, Valence). Cette boucle sera enrichie par deux branches transversales : une au sud avec le projet « Lysette » Lyon-Saint-Étienne qui pourra être par la suite étendue vers Toulouse ou Saragosse en desservant, par exemple, les villes du Puy-en-Velay ou Albi et ainsi participer au désenclavement du centre de la France. Une au nord-est pour connecter l’aéroport Saint-Exupéry au projet suisse d’euro-métro passant par Genève vers Zurich.

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Cette réalisation transformera totalement la vie sociale et économique de la région et de ses habitants. De nouvelles zones d’activités économiques seront créées, d’autres seront redynamisées comme celles de Saint-Étienne, Roanne ou encore celle de la vallée de la Maurienne avec sa sidérurgie (directement concernée par le Lyon-Turin).

Certes, il s’agit de projets à moyen et long terme. Cependant, la ville de Lyon doit rassembler toutes ses forces vives pour qu’ils deviennent le plus rapidement possible, afin qu’ils définissent un horizon autre que celui d’une métropole condamnée à devenir à la fois ventouse et pompe aspirante.

Terminons avec la situation la plus proche de nous

Maintenant que la zone environnant la ville est aménagée, abordons la desserte de Lyon en tant que telle.

L’anneau des sciences

L’autoroute A6/A7 traversant le centre ville est une aberration. Pour pouvoir être requalifiée en boulevard urbain, elle doit voir son trafic diminuer. Pour cela, le contournement COL permettant de dévier une partie du flux routier de transit, doit absolument être mis en place, sans quoi la réalisation du tronçon ouest du périphérique (TOP) ne serait qu’une grosse dépense inutile. Il est, de plus, indispensable que l’utilisation de ce TOP soit gratuite (il y a un péage dans le projet actuel) sinon aucun usager ne l’emprunterait!

Tout voiture vs tout transport en commun : le faux débat

Finaliser la boucle périphérique lyonnaise ne peut suffire à résoudre les difficultés de circulation de notre grosse agglomération.

C’est pourquoi la deuxième jambe de ce projet routier doit être l’aménagement de nouvelles infrastructures de transports en commun (TC) à forte capacité, type métro, qui pourront absorber en périphérie, le flux routier et le transporter intra-muros par des lignes fortes et fiables.

Lier l’anneau périphérique et le réseau de transports en commun

Nous devons nous munir de pôles d’échanges nous permettant de passer aisément d’un mode à un autre.

Ainsi nous proposons d’intensifier les carrefours de connexion entre le périphérique et les TC.

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En prolongeant le métro A vers l’éco-quartier Confluence et jusqu’à Alaï, ainsi que le métro B vers les hôpitaux-sud, et au nord de Charpennes à St-Clair, nous démultiplierons les possibilités d’emprunter les TC pour rentrer dans la ville.

Par ailleurs une ligne métro supplémentaire sur l’axe est-ouest résoudrait le problème de la ligne C3 et permettrait une connexion St-Paul-Part-Dieu-Laurent Bonnevay et pourquoi pas même Saint-Exupéry. Cette desserte par métro, libérée des contraintes de circulations en surface, offrirait une nouvelle ligne forte pour la circulation TC du 3e arrondissement. Couplée à la transformation de Saint-Exupéry en gare TGV et TER, elle permettrait de développer un vrai pôle d’échanges au niveau de l’aéroport (et alléger d’autant le flux en gare de Part-Dieu).

Une desserte de bus à haut niveau de service en site propre (voies réservées) pourrait être envisagée pour l’ouest comme pour l’est. Sur le périphérique bouclé nous pouvons aussi concevoir une ceinture de bus assurant des liaisons express connectant les pôles d’échanges entre eux.

Tous les points de connexion doivent être munis de parc-relais de forte capacité, et une politique d’incitation agressive doit être mise en place, en étudiant diverses formules comme des points bonus sur les abonnements TCL, ou une carte multimodale.

Avec une telle perspective, nous ne résoudrons pas seulement les problèmes de circulation existants, nous permettons à la ville, au département et à la région d’accéder à une nouvelle vie économique et sociale. Les nouveaux aménagements, en plus de créer de l’emploi qualifié, de solliciter les entreprises et industries du secteur, offriront une forme de renaissance territoriale dans laquelle Lyon et sa région seront connectés, fonctionneront ensemble et s’enrichiront mutuellement. Lyon a la capacité d’être le moteur de cette transformation. Nous nous engageons à nous battre pour que cela devienne réalité.

Notes:
1. Notre projet pour Lyon s’inscrit ainsi dans une politique nationale de séparation bancaire stricte (Glass-Steagall) et de retour à l’émission de crédit public pour permettre de changer la donne et arrêter les politiques actuelles d’austérité sociale et de « désaménagement » du territoire.

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